Initialement, l'article 330 de l'ancien Code Pénal de 1810 définissait l'Outrage à la Pudeur (qui incluait la nudité publique simple).
Ce délit était puni de 3 mois à 2 ans d'emprisonnement et d'une amende de 500 à 15 000 Francs.
Ces valeurs ont été fixées par la loi N° 85 835 du 7 août 1985
Cette somme représenterait aujourd'hui, approximativement, un minimum de 134 euros pouvant atteindre un maximum de 4000 euros, en considérant les fluctuations des monnaies de 1985 à 2017.
De 1960 à 1980, la peine minimale a été doublée lorsqu'il s'agissait de rapports homosexuels à la vue du public.
Cette discrimination étant supprimée sous le gouvernement de Georges Pompidou.
L'Article 330 crée en 1810 a été modifié 4 fois : en 1956, en 1978, en 1980 et en 1985 avant d'être abrogée en 1994.
Contrairement à ce que certains alarmistes prétendent, espérons que l'Article 222-32 du Code pénal puisse évoluer prochainement en fonction du contexte social actuel plus tolérant envers la nudité, afin de s'aligner sur les pratiques de nos pays voisins.
Ce n'est qu'en 1994 que l'Outrage à la Pudeur disparait pour laisser place à l'Article 222-32 du Code Pénal qui définit alors :
"le délit d'exhibition(1) sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible au regard du public(2)" de manière à ne plus considérer la nudité simple comme un délit d'exhibition sexuelle et ne plus invoquer la pudeur pour punir la simple nudité. (Informations extraites de Wikipédia)
La loi actuelle limite donc la peine d'emprisonnement à 1 an, mais augmente considérablement l'amende qui est portée à 15 000 €.
(1) Considérons le mot "exhibition" tel que défini dans le dictionnaire :
a)- Déploiement fait avec ostentation, attitude qui cherche avec insistance à attirer le regard, l'attention sur un élément particulier, matériel, corporel ou intellectuel. (Expositions, certains spectacles par exemple, …)
b)- Étalage impudique - Ensemble d'attitudes marquées qui cherchent à provoquer la pudeur d'autrui, qu'elles soient sexuelle, ou d'ordre sentimental, intellectuel ou religieux.
Lors de nos randonues, nul n'a l'intention de provoquer le regard sur ses zones dites intimes par une quelconque attitude indécente, mais chacun cherche simplement dans un esprit de partage, son bien-être en harmonie avec la nature.
(2) Considérons le mot "public" tel que défini dans le dictionnaire :
a)- Relatif à une collectivité (présence d'un grand nombre de personnes) par opposition à privé - Ce qui signifierait que si vous êtes aperçu(e) nu(e) dans votre jardin par votre voisin, il ne peut porter plainte.
b)- Qui est commun, à l'usage de tous (la rue, la place du village, un jardin public) - Sauf autorisation spéciale, la nudité est strictement interdite dans ces espaces.
Il apparait par cette définition que les rencontres de quelques personnes que nous pouvons faire sur nos sentiers de randonnée (sauf groupe important) ne s'apparentent pas à du "public". Ce couvrir ne serait alors qu'un geste de courtoisie et non une obligation, particulièrement si le groupe de randonneurs nus est plus important que celui des personnes rencontrées.
Par ailleurs, en France, et bien heureusement, nous n'interdisons pas les étrangers en quelque lieu que ce soit, nous ne les enfermons pas selon leur pays d'origine, leur couleur de peau ou leur croyances, sous prétexte que certains sont racistes ou xénophobes. Alors, pourquoi enfermerait-on dans des camps ou s'acharnerait-on contre les naturiste en liberté sous le simple prétexte de pudeur excessive de certaines personnes, ou pour simple intolérance de ce qui ne correspond pas à leurs idées personnelles ?
Soyons un peu plus sereins, ayons un peu plus confiance en nous, n'évoquons pas des craintes injustifiées qui renforceraient la pudeur de certains ou les phobies d'autres personnes à l'esprit étriqué.
Nous allons progressivement vers une banalisation de la simple nudité en France, telle qu'elle est admise dans d'autres pays européens, par la généralisation de la randonue depuis bientôt une dizaine d'années, puis récemment avec un stand naturiste à la Fête de l'Humanité 2016, à l'initiative de l'APNEL soutenue par la Fédération Française du Naturisme.
Prochainement sous leur impulsion, à Paris, des espaces publics seront autorisés à la pratique non exclusive de la nudité pour correspondre à ce qui se fait dans d'autres capitales Européennes. (janvier 2017)
Malgré ces évolutions, il faudra rester prudent et tenir compte du contexte social du lieu où la nudité s'exprime.
Comme toutes les années, certains se retrouvent au poste de police pour avoir pratiqué leur activité favorite dans un contexte non autorisé ou sans les précautions d'usage.
Si la nudité simple et tolérée ou même légale sous certaines conditions,
ne faites cependant pas n'importe quoi !
Rejoignez plutôt une association qui vous guidera et légalisera votre mode de loisirs.
Voir la page "Des naturistes au tribunal" pour bien vous rendre compte que la nudité pratiquée en solitaire présente de réels risques de passer au poste de police ou devant les tribunaux.
Bernard.
⇧
Commentaires
1 dubois Le 10/04/2021
2 Bernard26 Le 30/04/2017
Je vous propose de lire le compte-rendu de Rennie randonneuse, qui s'exprime sur la site des Randonneurs Nus de Provence après avoir participé à l'une de leurs randonues :
http://lesrandonneursnusdeprovence.e-monsite.com/blog/randonue/randonue-tour-du-mont-lion.html
Ses impressions sur la nudité en Europe comparée à la France … esprit franchouillard toujours bien bloqué ! … mais la découverte d'un Club bien sympathique dans notre belle Provence.